Décembre 2009, une révolution silencieuse dans les contenus de média français sera lancée.
Les objets de tous les jours, qu'on retrouve classiquement dans des spots de pub, vont pouvoir se retrouver dans les fictions des chaînes comme TF1 ou M6.
En clair, pour qu'une eau minérale siglée apparaisse dans les mimines de Joséphine ange gardien, la marque paiera : notoriété contre espèces sonnantes et trébuchantes, la marque participant du même coup au financement du programme.
Cette méthode n'a rien de nouveau dans d'autres pays d'Europe et surtout aux USA, où elle est monnaie courante.
En France, c'est en décembre 2009 que tout cela se mettra en place, résultat d'une directive européenne/service de médias audiovisuels.
A chaque pays de s'adapter, et de créer les les règlements de cette nouvelle forme de publicité afin d'éviter les abus.
Évidemment, ces nouvelles règles du jeu ne soulève pas du tout l'enthousiasme du petit monde de l'audiovisuel, bien au chaud, dans des mécaniques huilées, établies et appliquées depuis des décennies...
Le CSA va donc devoir innover en la matière et répondre à certaines questions.
Tout d'abord, quelles émissions pourront bénéficier du placement de produit : fictions, émissions de plateau ou sportives semblent les mieux placées mais quid de celles qui touchent les enfants, à l'information ainsi que des documentaires...
En second temps, les associations de consommateurs vont également faire entendre leur voix; le CSA devra composer également avec elles.
Autre point, beaucoup plus sensible : qui va y gagner.
Du côté des chaînes, la panique commence à poindre. Déjà sévèrement touché par la crise publicitaire, elles ont peur de perdre le contrôle de leur politique commerciale vis-à-vis des annonceurs. Leur crainte est de voir certains d'entre eux déserter les écrans classiques de publicité ou le sponsoring, très rémunérateurs, au profit du placement de produit dont on ne connaît pas encore réellement les tarifs, puisque à chaque condition d'insertion dans un programme pourrait correspondre un prix particulier.
Autre inquiétude, les chaînes redoutent de perdre le contrôle du contenu ainsi que la maîtrise du financement des programmes si ce sont les producteurs audiovisuels qui gèrent le placement produit.
Craintes tout à fait justifiées, si l'on regarde par exemple, le modèle "extrême" que représente les Philippines. Ici, les grilles sont quasiment réalisé par les marques qui n'hésitent pas à s'impliquer dans le casting, quand ce n'est pas dans le scénario d'une fiction ou d'une télénovela...